Y a-t-il un pilote dans la Ville ?

20/04/2016     Tribune libre     admin

Ottignies-Louvain-la-Neuve est une ville atypique… De par son origine et sa construction, elle se démarque sans conteste des autres  cités  belges. Ville nouvelle, elle suscite et attire les projets novateurs quels que soient les acteurs qui les portent: les autorités communales,  l’UCL,  les habitants...

 

La majorité communale est particulièrement  friande  des projets «pilotes», qu’elle initie ou qu’elle accueille favorablement de l’extérieur: Région wallonne, associations… Elle choisit donc régulièrement de se lancer dans  des  projets innovants qui drainent leur lot de subsides et  de support divers (schémas, plans, modèles…).

Nous ne pouvons donner tort au Collège de vouloir concrétiser de belles idées avec un minimum d’investissement. Ce qui nous pose question aujourd’hui, c’est le développement donné à ces dossiers et le processus d’atterrissage. De manière générale, ceux-ci sont annoncés en grandes pompes, à renfort de communications diverses et d’articles de presse. On s’enorgueillit régulièrement d’être les «premiers», les «précurseurs»... Et cela est bien normal.

Ensuite, le projet prend son envol et atteint le plus souvent sa vitesse de croisière. C’est après,  selon  nous,  que les choses se gâtent… Si beaucoup de ces dossiers suivent le plan de vol qui leur était destiné,  d’autres  changent de trajectoire ou,  pire,  disparaissent en plein vol, dans le plus grand silence. Un triangle des Bermudes à Ottignies- Louvain-la-Neuve? Ciel !

 

Quelques exemples…

 

La participation citoyenne – Plusieurs      Conseils      consultatifs ont été créés depuis des années. Certains fonctionnent très bien, d’autres vivotent, les troisièmes sont inexistants. Pourquoi? Qu’est-ce qui fait que la sauce prend dans certains cas et  pas  dans  d’autres?  Nous  ne le savons pas. Et vous, les citoyens, principaux acteurs, non plus.

Même    constat    dans    le   cas  des Conseils de  districts: annonces, appel   à    candidats,    désignations de  présidents, quelques   réunions  et propositions... Et puis? Plus de communication. Pourtant un constat a bel et bien été posé. La majorité aurait même décidé de dissoudre lesdits conseils. Voilà quelque chose qui est bien passé inaperçu... au final.

 

Les crèches parentales – Il n’existe que 2 crèches de ce type en Fédération Wallonie Bruxelles. Toutes deux sur notre commune. Pourquoi pas ailleurs? Parce que si, sur papier, ce projet est remarquable, dans les faits, plusieurs éléments conduisent à des difficultés dans la gestion de ces structures. La commune doit compenser, alors que la FBW, pourtant à l’origine du projet pilote, ferme les yeux… N’y a-t-il pas des alternatives?

 

Les  plans   de   développement    - «Ottignies-LLN 2050», grand  projet de réflexion sur le futur de notre Ville. Celui-ci a nécessité des heures de réunions et a engendré de grosses campagnes de communication: affiches, flyers, site internet, conférence de presse... Les 1ers diagnostics ont été communiqués et… rien. Nous ne connaissons pas le suivi, s’il y a eu une évaluation intermédiaire, un éventuel ajustement. Là encore, pas de constat, ni positif, ni négatif.

 

Premier projet pilote de la nouvelle mandature, le Plan Stratégique Transversal. Ce nouvel outil est destiné à mettre en place une gouvernance moderne en développant une culture de la planification et de l'évaluation. Encore une fois, notre Ville a  voulu être pionnière en se lançant ce défi. Cependant, après plus de deux ans d’existence, aucune évaluation, ni adaptation ne nous a encore été présentée.     Or,    d’autres      niveaux de pouvoirs,  pilotes  eux  aussi,  ont créé des procédures d’ajustement régulières de ce précieux outil de gestion.


Ces  exemples  ne  doivent  pas   être l’arbre qui cache la forêt. Cependant… s’il y a une conclusion à tirer  des projets pilotes, c’est que quand ils posent  question,  ils  se volatilisent.

Le problème, ce n’est pas  que  cela  ne fonctionne pas, ou pas aussi bien qu’espéré. Le problème, c’est qu’on n’évalue pas ces projets pilotes, ou du moins, pas publiquement, au contraire de leur lancement. De sortes qu’il n’est pas possible d’en tirer les leçons et de rectifier, le cas échéant, la trajectoire pour une meilleure gestion   publique.

 

Or, de nouveaux départs se programment encore  et   encore. De nouveaux Conseils consultatifs décollent alors que d’autres se sont crashés sans analyse de la boîte noire.

 

C’est pourquoi nous souhaiterions la mise en place d’une structure, d’un petit comité (majorité, opposition et citoyens) d’évaluation des différents projets pilotes démarrés par la Ville afin de progresser ensemble vers l’efficience.   Nous   suggérons    que ce comité communique de manière régulière et transparente l’évolution et l’issue de tous ces programmes, qu’ils soient arrivés à leur terme ou abandonnés pour de bonnes raisons. Nous pensons que les citoyens méritent cette transparence dans la gestion de la chose publique.

 

Quand on veut être pilote, on se doit de guider, d’amener les projets à bon port. Pas d’ouvrir discrètement les soutes en cours de route pour lâcher une cargaison devenue encombrante. Malgré toutes ces années au pouvoir, la majorité n’a pas le droit d’avancer en pilotage automatique.

 

 

Pour le groupe OLLN 2.0,

 

Nancy Schroeders, Julien Tigel- Pourtois et Cédric Jacquet, conseillers communaux

Denis Vandenbergen, président du Conseil consultatif Economie, Emploi et Formation prof.


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