Tribune libre de juin: Restons vigilants

1/06/2013     Tribune libre     Denis Vandenbergen

Le lendemain des élections, le ministre Philippe Henry (ECOLO), en charge de l’Aménagement du

Territoire, octroyait le permis unique autorisant un important complexe immobilier sur le site du château Balzat ! Ledit permis vise à la démolition des bâtiments existants, la construction de 3 tours hautes de 7 étages -côté avenue des Combattants- et de 4 étages - côté avenue des Villas- l’ensemble se divisant en une maison de repos de 120 lits, un restaurant, une résidence-services
de 50 appartements, une résidence intergénérationnelle de 47 appartements, 17 appartements classiques, 6/7 chambres pour visiteurs, 16 kots d’étudiants, un centre de bien-être, une centrale de coordination de soins, une librairie, un toilettage, une pension pour animaux de compagnie, un fleuriste, un point banque et d’alimentation générale, un kiné et 130 places de parking... Rien que cela !
Nous nous sommes beaucoup battus contre ce projet et sommes intervenus à plusieurs reprises au Conseil communal pour dénoncer le gigantisme du projet et les nombreuses dérogations au RCU -Règlement Communal d’Urbanisme- (gabarits des bâtiments, toitures plates, organisation des volumes...) et le non-respect du SSC -Schéma de Structure Communal- (densité, affectation...). Nous continuons à penser que ce projet mastodonte est inadapté à cet endroit, que les densités sont 4 fois supérieures au SSC existant et que du point de vue de la mobilité, le quartier est déjà saturé avec l’athénée, l’hôpital et la gare...
Nous ne sommes évidemment pas contre une maison de repos, nous l’avons suffisamment répété, mais nous aurions préféré une maison de soins et de repos publique (un minimum, pour une commune de plus de 30.000 habitants !). Nous ne sommes pas non plus contre un projet immobilier à cet endroit, mais pour nous, il faut respecter les densités et les habitants qui se sont mobilisés en masse pour faire part de leurs préoccupations ! Force est de constater, tant du côté de la majorité, qui soutient ce projet mammouth depuis le début, que du côté du ministre Henry, qu’il a été fait peu de cas de l’avis des citoyens et qu’il ne restait plus à ces derniers qu’à introduire un recours en annulation et en suspension du permis devant le Conseil d’Etat, ce qui est plus que regrettable. Ce recours est toujours pendant et les riverains continuent à se mobiliser courageusement.
Nous maintenons et affirmons que ce permis doit être annulé car il est clair qu’on ne peut justifier l’importance du projet par la nécessité de densifier le centre urbain dès lors que le site Balzat ne peut être considéré comme faisant partie du centre urbain d’Ottignies (sans compter la question ignorée du dénivelé), qu’invoquer autant de dérogations au RCU démontre à suffisance que ce dernier n’est plus adapté, qu’il est urgent de le changer et d’avoir le courage de prendre les mesures qui s’imposent...
Nous n’avons eu de cesse – et nous continuerons ! -de plaider pour une densification raisonnable de l’ensemble de notre territoire communal (y compris à Louvain-La-Neuve, où tout semble permis), de réclamer la révision des différents instruments urbanistiques tels le RCU, le SSC précités et d’écouter l’opinion publique plutôt que les seuls intérêts économiques des promoteurs...
Si le Conseil d’Etat ne devait pas annuler le permis unique, il est clair que la Ville n’aurait aucune crainte à sortir ses armes de densification massive (dossiers Piroy, Boisette, alentours de la gare de Mousty, du Douaire et de la gare d’Ottignies, Courbevoie, Baraque, parc Athéna...), les élections étant passées...
Surtout, restez attentifs et ne soyez pas dupes ! Rappelez-vous le rêve dont nous vous avions fait part, celui d’un vrai projet de Ville qui conjuguerait - sur base d’une véritable participation citoyenne - « urbanisme et développement durable », tout en restant attentifs tant aux besoins de notre Commune, qu’aux besoins des habitants actuels, qu’à la place réservée au logement, aux activités économiques, aux équipements nécessaires... Il est réellement temps de penser à autre chose que de recouvrir toute parcelle de terrain disponible de béton et d’imposer aux sociétés immobilières, avides de profits, cette nouvelle vision de l’aménagement de notre « chez Nous ». 


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