Les finances communales: une bombe à retardement ?

13/11/2016     Tribune libre     admin

Depuis quelques années, les finances des communes wallonnes sont sous pression.

 

Au niveau des recettes, la Région wallonne diminue régulièrement ses dotations et la crise économique de 2008 a ralenti la progression des recettes fiscales. En outre, différentes charges nouvelles sont venues alourdir les dépenses. Ce cadre est connu de tous depuis plusieurs années.

 

Des finances dans le rouge à Ottignies-Louvain-la-Neuve

En 2000, la majorité actuelle a hérité d’une situation financière saine. En 2003, déjà, un choix politique a été fait d’augmenter (+10%) la part communale du précompte immobilier. Depuis, la plupart des budgets nous étaient présentés en déficit  mais les comptes (le « bulletin » financier du budget) affichaient, quant à eux, des bonis permettant de maintenir le résultat global (à savoir le solde de tous les budgets précédents) en positif.

 

Mais, depuis quelques années, les comptes ont commencé à présenter de sérieux résultats négatifs. C’est ainsi que les quatre derniers comptes communaux ont tous été en déficit : 0,65 million € en 2012, 1 million €

en 2013, 0,52 million € en 2014 et 2,7 millions € en 2015 (pour ce dernier, soyons de bon compte, il est dû quasi intégralement à des retards d’enrôlement de l’IPP consécutifs à la 6e réforme de l’Etat).

 

En 2014, la majorité décidait d’augmenter  une  nouvelle  fois  les impôts en faisant passer les centimes additionnels communaux à l’IPP de 6 à 6,7%. Avec pour résultat, 1,5 millions € en plus  pour le budget communal et 90€ en moins, annuellement, pour chaque contribuable. Las, le compte présenté cette année-là affichait tout de même un déficit de 0,5 million €.

 

Aujourd’hui, la situation est la suivante : d’un résultat global positif de 5,6 millions € en 2009, nous en sommes, fin 2015, à un résultat global négatif de 600.000 €!

 

Bien que le  retard  d’enrôlement  de 2015 compte pour 2 millions € dans ce résultat, force est de constater qu’année après année, structurellement, les finances locales glissent dans le rouge. De sorte que nous pouvons aujourd’hui affirmer que les finances de notre Ville ne sont plus saines.

 

Des changements indispensables

La plupart des communes, principalement en Brabant wallon, ont intégré et anticipé les difficultés et s’en sortent parfaitement bien. C’est bien simple, à l’exception de Mont-Saint-Guibert, nous sommes la seule commune du Brabant wallon à avoir augmenté l’additionnel à l’IPP depuis  2008.

Comment font-elles ? Ces communes  ont  mis   de   l’argent de côté. Elles augmentent leurs dépenses moins vite que leurs recettes (simple arithmétique). Pour ce faire, elles rationnalisent leur budget, postposent des dépenses d’investissement, car on peut reporter la construction d’un hall sportif mais pas le paiement du personnel. La gestion est avant toute chose un exercice d’équilibre…

 

Dans notre Ville, depuis des années, notre groupe n’a eu cesse d’alerter la majorité sur l’absence totale de maitrise des dépenses.

 

Au budget ordinaire (les dépenses « courantes »), quelques exemples d’augmentation  depuis  2010: + 12

agents communaux (4,5%), + 20% de dépenses de fonctionnement, + 73% de frais de  carburant,...

 

De plus, certaines dépenses posent question. 110.000€ annuels de micro subventions à des associations diverses, hors jeunesse et sport: Groupe de réflexion sur l’agriculture urbaine (oui, oui…), Amicales des pensionnés de couleurs politiques… Si elles font plaisir, ces très nombreuses mini-subventions n’assurent en rien le fonctionnement de ces associations. Citons encore, le prix « Diagonale de la BD », lequel  oscille  entre  100.000  € et

130.000 € annuel, pour un retour quasi nul pour nos habitants… Les exemples en ce sens sont multiples.

 

Au niveau du budget « investissements » (le budget extraordinaire), non  seulement des dépenses  importantes  ont  été effectuées dans ce contexte budgétaire difficile, sans se poser la question d’un éventuel report, mais qui plus est, d’autres dépenses ont été totalement hors de contrôle (l’Antenne communale de LLN – pour ne citer que cet exemple – avait un budget initial de 3 millions €. Le coût final fut de 5 millions €…).

 

En résulte des transferts conséquents ces  dernières années du budget ordinaire vers l’extraordinaire (« dépenses de prélèvement ») mais  également un taux d’endettement important (12,5%).

 

Aujourd’hui la situation  financière de la Ville est critique. Dans les prochains mois, la majorité Olivier en place va devoir faire un choix. Soit elle décide, enfin, de réaliser un travail important de maitrise de ses dépenses et de rationalisation du budget. Vu le retard accumulé et les réserves quasi-vides, il ne sera pas évident mais reste possible. Soit elle augmente une nouvelle fois nos impôts.

 

Pour notre groupe, le choix est fait…

 

Cédric Jacquet,
Conseiller communal OLLN 2.0

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